Le marché du pari en ligne français au bord du gouffre

Russell Potvin, 26 Juin 2015
Pari en France

Le pari en ligne français a été légalisé en 2010, mais depuis son record établi en février 2012, le poker en ligne a subi un déclin continu ces trois dernières années, pour ce qui est du jeu d'argent réel. Avec plus de 5 700 sièges virtuels enregistrés d'après une statistique effectuée sur 30 jours, le trafic avoisine juste les 2 600 sièges à présent, ce qui représente une régression de plus de 54%.

L'Autorité de Régulation des Jeux en Ligne, ARJEL, pointe du doigt les taux d'imposition élevés sur l'industrie du pari comme étant la principale cause de l'abaissement continu de ces chiffres, ce qui conduit en retour à de faibles revenus et finalement à la fixation d'impôts. Toutefois, les législateurs français ne sont pas vraiment disposés à réduire cette taxe apparemment exorbitante, une décision qui d'après l'ARJEL peut conduire à la suspension de 2 000 emplois, étant donné que des réseaux quittent constamment le marché.

Les politiciens ont admis que le refinancement sur le marché international est une modification nécessaire, mais leur position ne change pas en ce qui concerne les taxes, même en dépit du fait que l'AFJEL, l'Association Française de Jeu En Ligne qui représente les opérateurs dans le pays, ait conclu dans son analyse du marché réalisée sur les cinq prochaines années que les taxes constituent le principal problème.

L'AFJEL rapporta que le taux effectif d'impôt sur l'industrie du pari en ligne en France est de 46,30%, ce qui est bien plus élevé par rapport au 25% enregistré en Espagne, au taux compris entre 20 et 25% imposé en Italie, au 20% au Danemark et au 15% enregistré en Angleterre.

« Les taxes élevées imposées aux opérateurs qui avaient déjà du mal à réaliser des profits, ont conduit la moitié des plateformes accréditées à mettre fin à leurs activités en France ».

Microgaming, Full Tilt, OnGame, Barriere Poker et Partouche sont tous partis du marché français, ne laissant que 5 établissements, dont le leader du marché, Winamax.

L'AFJEL lance un appel aux autorités françaises pour qu'elles appliquent le système de taxe uniquement aux bénéfices bruts, plutôt qu'aux revenus bruts. Cette association demande aussi que les autorités réduisent les taux d'imposition pour imiter d'autres marchés de l'Union Européenne, deux doléances qui ne seront fort probablement pas entendues.

Les taxes sont de plus en plus élevées

Il est normal que les pays qui ont légalisé le pari en ligne veuillent réaliser un bénéfice, mais il semble que la France étouffe l'industrie en pompant les revenus. D'autres juridictions devraient tirer des leçons des erreurs de la France. En effet, un gouvernement qui prend plus de la moitié des revenus avant même que ceux-ci ne soient effectifs n'est pas vraiment le genre d'accueil chaleureux que les compagnies chercheront au moment de choisir leur prochain marché.

Malheureusement, les taxes constituent un mal nécessaire pour diriger correctement un puissant État. Elles servent à tout financer, de l'éducation à la défense. Cependant, le fait de taxer une industrie particulière au point de nuire à son fonctionnement conduit évidemment à une réduction des recettes fiscales globales. Après tout, une taxe de 10% sur 10 millions d'euros représente plus de recette fiscale générée qu'une imposition de 45% sur 1 million.

En ce qui concerne le taux d'imposition approprié appliqué aux compagnies de jeu et aux salles de jeux de cartes en ligne, la frontière est ténue. Aussi, bien que ce ne soit pas une sorte de décision économique universelle, on peut dire avec certitude que l'état actuel du pari en ligne en France ne convient à personne.